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Collectif LCAPAM
31 déc. 2017

Ces gros salaires sans surveillance.

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Parution décembre 2017 | Le Matin

 

Les sénateurs reportent le débat sur la séparation de l’assurance sociale et des complémentaires. Pas de quoi faire avancer la transparence dans les caisses!

 

Il aura fallu une indiscrétion pour qu’apparaisse publiquement le revenu annuel de l’ex-patron du Groupe Mutuel, Pierre-Marcel Revaz. Ce secret devait être l’un des mieux gardés du monde feutré des assurances.

 

Mais, depuis que l’assureur valaisan est dans le collimateur de l’Autorité fédérale des marchés financiers (FINMA), ses gains présumés ont été révélés par l’Aargauer Zeitung. En 2010, ils auraient dépassé les deux millions de francs. Cette somme cumule une cinquantaine de rémunérations liées à la complexité du groupe, qui pratique conjointement l’assurance de base et les complémentaires: 3,5 milliards de francs de primes d’un côté, 650 millions de l’autre.

 

Le Conseil fédéral et le chef du département, Alain Berset, proposent d’en finir avec ce mélange des genres et de séparer l’assurance de base et les complémentaires en révisant la LAMal. Ce débat était prévu aux États lors de la session d’hiver qui débute lundi. Mais il a été retiré hier de l’ordre du jour par la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique des États (CSSS).

 

Cinq membres impliqués

«Le temps nous a manqué pour traiter le sujet, précise sa présidente Liliane Maury Pasquier (PS/GE). Ce n’est pas pour des raisons de stratégie politique.» De toute façon, la socialiste genevoise ne se fait pas d’illusions: «Honnêtement, cette proposition n’a pas de chance de passer en commission.» Sur ses treize membres, la CSS compte cinq représentants directs des assureurs: les deux nouveaux venus aux commandes du Groupe Mutuel, Roland Eberle (UDC/TH) et Urs Schwaller (PDC/FR), le président du lobby Forum santé Suisse, Alex Kuprecht (UDC/SZ), l’administrateur de la CSS, Konrad Graber (PDC/LU), et celui de Sanitas, Félix Gutzwiler (PLR/ZH). Les assureurs ont déjà fait savoir qu’ils étaient opposés à cette séparation des activités, qui coûterait, selon SantéSuisse, 400 millions de frais supplémentaires.

 

Dans la nouvelle loi sur la surveillance des caisses, votée par les Chambres à fin septembre, les caisses devront publier les rémunérations des dirigeants, mais seulement d’une manière globale, sans qu’il soit précisé de quel côté provient l’argent. Et en tout cas jamais de manière personnalisée comme l’a fait la semaine dernière l’Aargauer Zeitung.

 

Le conseiller national Jean-François Steiert (PS/FR) va interpeller le Conseil fédéral lors de la prochaine session: «Avec la loi que nous avons votée, nous n’aurions rien vu de ces montants. Leur publication doit nous interroger: ne faut-il pas encore renforcer la transparence dans l’assurance obligatoire et les complémentaires?»

 

Une bonne partie de l’opinion semble être d’accord. Le sondage lancé par le journal argovien montrait que, si les gens avaient eu connaissance de ces rémunérations avant la votation du 28 septembre sur la caisse unique, 62% auraient changé leur vote.

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  • traces2017
    15 janv. 2018

    "4,8% d'augmentation des primes de l’assurance-maladie de base en 2017, 4 % en 2018, 150 % en vingt ans... le Centre social protestant rappelle que la plus grosse partie des dettes de la "classe moyenne inférieure" est constituée d'arriérés de primes... et le seul canton de Genève va verser 315 millions de subsides en 2018 pour permettre d'abaisser les primes à un niveau supportable, sans même y parvenir pour des milliers d'assurés, dont l'Etat devra prendre en charge la totalité des primes. L'assurance-maladie suisse est la plus chère d'Europe : quelqu'un doit bien y trouver un avantage. Et ce n'est certainement pas l'assuré de base." Tribune de Genève, le 15 janvier 2018. http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2018/01/15/l-assurance-maladie-la-plus-chere-d-europe-c-est-en-suisse-289004.html
  • Collectif LCAPAM
    7 janv. 2018

    Publié le 26.05.2017 par le Dr Jean Gabriel Jeannot sur blog La santé autrement | Le Temps Les lobbies des caisses maladie payent mal les parlementaires, 1250 francs de l’heure. Le site Lobbywatch.ch qui se présente comme « une plateforme pour une politique transparente » a publié le 8 avril dernier un article dénonçant les liens entre le Groupe Mutuel et certains parlementaires fédéraux. Des parlementaires sous influence Le Groupe Mutuel a créé un « Groupe de réflexion santé » où sont invités des parlementaires fédéraux, en tout cinq conseillers nationaux et quatre conseillers aux États. Sur ces neufs parlementaires, huit siègent dans les commissions parlementaires de la santé. Un seul romand au sein de ce groupe, l’ex-UDC Raymond Clottu. Parmi ces neuf parlementaires, rien de moins que les deux présidents des chambres, Jürg Stahl (UDC/ZH) et Ivo Bischofberger (PDC / AI).  Que font-ils ? Ils se réunissent apparemment quatre fois par an. Mais vous ne saurez rien de plus. On peut lire sur le site lobbywatch que « le rôle exact de ce groupe de discussion n’est pas connu. Ce qui est discuté lors des réunions ne sort pas des bureaux. Il n’existe pas de rapport des comptes ni de rapport d’activités. Il n’a même aucune existence dans le rapport d’activité du Groupe Mutuel. Ces réunions n’ont bien sûr pas pour objectif d’influencer les parlementaires, uniquement de les informer. Des parlementaires mal payés Apparemment, le seul à avoir communiqué son salaire est le Président du Conseil des Etats, Ivo Bischofberger, en 2016, le Groupe Mutuel lui a versé 4673.75 francs. D’autres témoignages évoquent la somme de 10’000 francs par an. Si on calcule quatre séances de 2 heures, cela représente un salaire horaire qui oscille entre 584 francs et 1250 francs, pas mal payé. En réalité, je trouve que nos parlementaires sont très bon marché, entre 5’000 et 10’000 francs pour influencer les décisions politiques en matière de santé, c’est peu. Isabelle Moret (PLR / VD) a fait un autre choix : « ces groupes d’intérêts m’intéressent car ils permettent des échanges sur des dossiers techniques, j’ai donc décidé d’y participer mais j’ai refusé d’être payée, cette rémunération me dérangerait ». Un manque de transparence qui nuit à la démocratie Une étude menée par des chercheurs des Universités de Lausanne et de Genève montre que les liens entre lobbies et parlementaires sont au fil des ans toujours plus intenses. Le socialiste Didier Berberat est cité dans un article paru dans la Tribune de Genève  : « Cela peut être utile d’être informé, mais il ne faut pas être sous influence ». Il regrette surtout l’opacité du système. « Nous devons signaler nos intérêts mais rien n’est dit sur le montant de la rémunération. Toutes les demandes qui ont été faites en ce sens ont été refusées au Parlement. Si une entreprise nous verse 100 000 francs par année, on va voter dans son intérêt ». Des parlementaires sous influence dont notre système de santé n’a vraiment pas besoin. » Article original » Signez l'initiative contre le lobbyisme des caisses-maladie au Parlement » Site de l'initiative pour un Parlement indépendant des caisses-maladie
  • Collectif LCAPAM
    31 déc. 2017

    En écoutant les interventions des différents acteurs lors de la table ronde du Forum des 100, j'ai relevé quelques propos très intéressants qui devraient être, à mon sens, la base de tout système de santé. « La surmédicalisation en fin de vie risque d'augmenter si le sort de la médecine personnalisée n'est pas accompagné d'une réflexion éthique et sociétale sur la nécessité d'une médecine centrée sur la personne et non sur les traitements ou le profit. » Gian Domenico Borasio « Aller vers un système de valeur ajoutée pour le patient. Des systèmes de financement qui favorisent la justesse de l'acte et la pertinence de l'acte et non pas le volume des actes. Remettre le curseur sur la prévention. On a un système qui finance des soins, la dégradation de l'état de santé. On a pas assez de moyens sur la prévention. Elle doit être faite par tous les acteurs de la santé. » Brigitte Rorive « Il y a des marchands de santé, des gens qui font commerce des produits de santé comme on fait commerce des produits de l'horlogerie, de machines-outils, c'est normal et légitime. Aucun de ces commerçants de produits de santé n'envisage que son chiffre d'affaires de l'année prochaine baisse, tous font des pronostics de croissance. La somme de tous ces acteurs qui visent la croissance ne peut pas aboutir à une baisse des produits de la santé et des coûts de la santé, c'est logique. Donc, s'ils veulent plus de liberté, les coûts de la santé vont augmenter. Dans ce cas, régler la question du financement. Vous ne pouvez plus financer un marché en croissance à 4 % par année avec des primes par tête parce que vous accablez la classe moyenne et les familles. Donc, faites des primes en fonction du revenu et votre marché pourra croître de 4 % et les gens riches paieront plus et ça ira bien. Si vous ne voulez pas réformer le système de financement et garder les primes par tête, vous ne pourrez pas avoir une croissance de 4 % par an de votre chiffre d'affaires. Donc, il faut que quelqu'un régule et la seule personne, la seule autorité qui peut le réguler, c'est l'autorité élue, le ministre de la santé. C'est le seul qui peut avoir la légitimité de maîtriser l'offre. Voilà l'alternative dans laquelle on est. » Pierre-Yves Maillard > 11.05.2017 Le Temps - Forum des 100 | La santé dans tous ses états Invités : Karin Perraudin , présidente du Groupe Mutuel - Brigitte Rorive , directrice des finances aux HUG - Gian Domenico Borasio , chef du service de soins palliatifs et de support du CHUV - Pierre-Yves Maillard , conseiller d’État du canton de Vaud - Mauro Poggia , conseiller d’État du canton de Genève